YOGA

Pourquoi j’ai choisi le yoga

plutôt que de pratiquer un sport.

Vous êtes très nombreux à me poser des questions sur le yoga. Quels sont ses effets, est-ce-que ça va vous « détendre » si vous pratiquez, pourquoi c’est différent du fitness ou de n’importe quel autre sport ?

Vous avez l’air intrigués par cette discipline (le yoga n’est pas un sport, même s’il est proposé sous cette forme dans la plupart des pays occidentaux tels que la France, ou les USA) je vais donc prendre quelques minutes dans cet article pour tenter de vous apporter une réponse.

« La motivation initale pour faire du yoga n’est jamais la bonne. » Eva Ruchpaul.

Comme Marie Kock l’explique très bien dans son essai intitulé Yoga une histoire-monde, « En réalité, même si on ne le dit pas […] c’est toujours autre chose qu’on vient chercher dans le yoga. »

Comme tout le monde, je suis venue au yoga avec une raison rationnelle : je voulais reprendre une activité sportive « en douceur » (oui, moi aussi je pensais que tous les types de yoga rimaient avec « douceur »). Certains viennent parce qu’ils ont mal au dos, parce qu’ils sont stressés ou encore parce que le medecin leur a conseillé. D’autres viennent même parce qu’elles ont vu des filles faire des poses incroyables sur Instagram, qu’elles veulent imiter.

J’étais totalement réfractaire à toute forme de spiritualité, et je n’étais pas heureuse -c’est important de le souligner.

Rien que le fait de chanter le « OM » en coeur avec le reste de la classe me mettait terriblement mal à l’aise. Je pensais que la vie parisienne se résumait à la mode, l’argent, les soirées, boire le dernier cocktail à la mode dans le dernier endroit à la mode entourée des dernières personnes à la mode. J’exagère mais c’est presque ça.

Je refusais d’admettre que ce mode de vie n’était pas celui qui me rendait heureuse, pourtant je m’obstinais. Peut-être parce que ça « faisait bien ». Surement parce que j’avais des choses à me prouver, et à prouver aux autres.

J’avais en permanence la sensation d’être vide. Et rester seule -seule chez moi, seule dans un endroit et seule aussi dans mon lit- m’effrayait terriblement au point de créer cette sensation de gorge serrée, et l’apparition de « la boule au ventre » ; l’angoisse.

Quand j’ai poussé la porte d’une salle de sport accompagnée de ma meilleure amie en 2016, je n’avais aucune idée de la portée du geste que je venais de faire. Il est important de souligner que chaque petite action peut-être en vérité un ouragan dans une vie.

J’avais fait de la danse pendant 16 ans, j’étais passée par le conservatoire national d’Annecy, en Haute-Savoie. Et depuis que j’avais emmenagé à Paris en 2010, je ne faisais plus grand chose. J’avais bien déjà commencé à explorer le yoga en 2014, mais je n’étais pas régulière, et je changeais de style en permanence : une semaine Ashtanga, une autre Vinyasa, un peu d’Iyengar…

L’inscription à la salle de sport m’a poussé à la régularité, à l’effort régulier. Chaque mois, voir 30€ s’échapper de mon compte en banque me rappelait que je devais y aller. J’essayais donc les cours collectifs, parce que le park de machines m’effrayait encore un peu. Je me suis blessée dès les premiers cours, le peu de muscles qu’il me restait ne me permettait pas de suivre un cours de Body Pump… (J’en ris beaucoup quand je pense à ce que je fais avec mes petits bras aujourd’hui !)

Je me suis donc tournée vers le Body Balance, et puis le Yoga. Ca me semblait difficile à l’époque. Je transpirais beaucoup et j’avais une très petite capacité à l’effort. Je fumais 2 voir 3 paquets par semaine et 20 minutes de Body Balance suffisaient parfois à me donner envie de vomir parce que j’avais atteint ma capacité d’effort maximale…

Les cours de Yoga en salle ne sont jamais spirituels. Pas de « OM », pas d’évocation de la spiritualité, j’y trouvais mon compte, même si une fois sur deux la prof changeait le nom de la posture et n’avait pas trop l’air de savoir de quoi elle parlait.

Trouver chaussure à son pied.

Une fois que j’ai eu assez d’assurance et que j’avais gagné un peu en condition physique, je me suis décidée à pousser la porte d’un vrai cours de yoga. Conseillée par une amie, j’ai pris mon premier cours de vinyasa, avec des « OM », une intention spirituelle guidée par la professeure, le vrai nom des postures en français et en sanskrit.

Là, ça a été la révélation. Le style de yoga me convenait parfaitement, la musique m’entrainait dans l’effort et mettre un « sens » derrière mes mouvements me donnait encore plus envie de bouger et d’enchainer ces postures aux noms parfois bien mystérieux.

Je me suis lancée à corps perdu -bon ok, parfois j’étais sceptique face à certains concepts indiens, j’avoue- dans la découverte de cette discipline si large. J’ai découvert les Yoga Sutras de Patanjali, la Baghavad Gita, Krishnamacharya et ses disciples.

La spiritualité que le yoga m’a apporté m’aidait à construire la personne que j’avais toujours voulu être, je me sentais enfin en accord total avec moi même. Je trouvais du sens à ce que je faisais.

S’auto-créer pour être plus heureux et en meilleure santé.

Le concept du « self-design » est un concept dont Joe Holder, coach Nike star de l’autre coté de l’Atlantique, parle régulièrement. De ted talk en conférences, traversant les mers Joe Holder -dont vous pouvez suivre les conseils sur son Instagram @ochosystem- ses idées pour optimiser les performances lors des entrainements. Méditation, recovery, régime végétarien, et personnalisation sont ses maitres mots. Son discours, à l’opposé des traditionnels discours sportifs (qui pronent l’apport de proteines animales et l’intensité maximale des entrainements) m’a beaucoup inspirée.

Son approche de l’exercie sportif se rapproche énormément de la philosophie du yoga et de ses règles -ce qu’il fait surement sans trop le savoir d’ailleurs, parce qu’il me semble qu’il n’est pas adepte de la discipline.

Après plusieurs blessures, il a constaté l’accelération de sa récupération et de ses performances grâce à un repos, un entrainement mesuré et adapté ainsi qu’un régime végétarien, qui assouplirait les muscles et serait plus facile à digérer, mais aussi grâce à un meilleur état émotionel et mental. Tous les ingrédients du yoga.

Joe Holder, avec sa philosophie, est aujourd’hui le coach que tout le monde s’arrache, de Virgil Abloh à Naomi Campbell.

Nombreux sont les bénéfices du yoga et de la méditation (le yoga est une méditation en mouvement) :

  • Amélioration des fonctions cérébrales,
  • Baisse du niveau de stress,
  • Expression des gênes altérés (la façon dont les gênes se comportent dans les cellules immunitaires),
  • Amélioration de la souplesse
  • Baisse de la tension artérielle,
  • Amélioration de la capacité pulmonaire,
  • Amélioration de la vie sexuelle,
  • Réduction des douleurs chroniques du cou et du dos,
  • Soulagement de l’anxiété,
  • Equilibre amélioré,
  • Diminution du taux de sucre dans le sang chez les diabétiques.

Et après plusieurs années de pratique :

  • Des os plus solide,
  • La stabilisation du poids de forme,
  • Diminution des risques de développer une maladie cardiovasculaire.

Couplé à un mode de vie sain -largement indiqué par les Yamas, et Niyamas, les règles du yogis selon Patanjali- il se présente aussi comme une activité physique complémentaire pour les amateurs de sports intenses (crossfit, running, HIIT).

Au yoga, tout comme dans la philosophie holistico-sportive de Joe Holder, on adapte sa pratique. Des variations de postures sont proposées, pour varier l’intensité de la sequence en fonction de son état du jour.

Si deux fois par semaine je programme une séquence très intense, le reste du temps je le comble avec les séquences plus douces, ou bien, je choisi les variations de postures simples.

J’auto-design ma séquence.

On and Off the mat.

Sur, mais aussi hors du tapis de yoga.

En pratiquant le yoga, je me suis surprise à appliquer ce que j’apprend sur le tapis dans ma vie quotidienne. Délaisser l’ego, ne pas voler, ne pas mentir. Faire preuve de discipline, et d’humilité.

Si vous apprenez à « auto-créer » votre séquence au yoga avec vos variations de postures, que vous apprenez à travailler avec l’intensité dont votre corps a besoin, vous apprendrez à vous « auto-créer » dans la vie.

A définir votre job sur-mesure. Le régime alimentaire le plus adapté à vous. Mais aussi le type de relation que vous souhaitez avoir. Le rythme de vie qui vous convient.

C’est ça qui a changé ma vie. C’est pour ça que je ne peux pas répondre en un seule message à la question « ça t’apporte quoi en fait le yoga ? »

C’est tout un style de vie, une philosophie et une manière de se construire, d’évoluer autour d’une façon de penser. Optimiser le corps pour avoir un meilleur contrôle sur l’esprit, et vice-versa.

Alors, quand est ce que je vous vois sur un tapis ? 🙂

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