YOGA

Post YTT : et après ?

J’ai mis quelques semaines pour sortir ce post sur mon premier teacher training.

Le 28 aout 2019 je me suis envolée pour le Mexique pour aller passer mon premier Yoga Teacher Training de 200h, à Tulum.

J’ai atterri à Cancun après 16 heures de voyage, épuisée, mais sutout dépaysée. Heurtée de plein fouet par l’humidité et la chaleur.

Même si je savais que ce voyage allait changer énormement ma vie, je me lancais dans l’inconnu. Bien sur, je connaissais le programme, j’avais un emploi du temps. Mais vivre le training allait être tout à fait différent, mettre mon corps et mon esprit à 100% dans cette expérience allaient me transformer comme jamais je ne me serais attendue à être transformée.

Leçon 1 : Mange, prie, aime(-toi). C’est tout. Mais mange surtout.

A part une tonne de leggings et de brassières, quelques maillots de bain, un short en jean, deux t-shirts, et un esprit grand ouvert, si tu te lances dans cette expérience tu n’auras besoin de rien.

En tout cas, partir en teacher training au Mexique m’a fait emporter une grande valise dont j’aurais largement pu me passer. Je suis sortie une fois sur tout le mois, donc je n’ai eu besoin que d’une robe, un soir.

La plupart du temps j’avais juste envie d’être en short en jean, en t-shirt et en tongs. Tulum est dépaysant, j’avais l’impression de flotter quelque part entre la jungle et la mer des caraibes. C’était une expérience hors du temps, ou aucun son n’est familier, ou les odeurs sont nouvelles, et les goûts aussi.

Je regrette juste de ne pas avoir pris mes huiles essentielles. J’ai eu envie plusieurs fois d’en faire usage. J’avais pris une grande trousse de médicaments en tout genre dont je ne me suis pas servie. J’avais en revanche envie de masser mes courbatures avec mes huiles, de soigner mon rhume de fin de training avec de l’eucalyptus.

Pendant ce training la nature était omniprésente. Nous vivions dans un hotel au milieu de la jungle, et seul notre shala était « fermé ». Le reste du temps nous vivions dehors. Le fait d’etre aussi proche de la nature donne envie d’y revenir meme pour les soins qu’on s’accorde ; je n’ai pas porté de maquillage pendant tout le mois de mon training, excepté pour sortir un soir. On se lavait le soir, après les pratiques de la journée qui nous couvraient de sueur et les révisions au bord de la piscine ou à la plage qui nous rendaient salés.

J’ai perdu beaucoup de poid pendant ce training parce que mon corps a subi plusieurs contraintes auxquelles il n’était pas habitué.

Tout d’abord, la chaleur humide, qui fait énormément transpirer pendant la pratique.

Le régime végétarien et sans sucres raffinés ; je me suis rendue compte à quel point à Paris je mangeais « mal ». Je me laisse tenter par le café Starbuck, le muffin en dessert, les bières avec les copines. Là bas, pas de sucre, excepté celui des fruits, pas de yaourts, pas d’alcool, pas de soda, pas de biscuits/gateaux… Pas de dessert après le plat principal. Je perdais mes leggings à la fin. Pour élément de comparaison : avant de partir je remplissais très bien un 36, en revenant j’ai du aller chez Zara m’acheter un jean en 32.

Leçon 2 : L’esprit ouvert tu garderas.

Au delà de l’intensité physique, le training était la première fois que je vivais une introspection aussi grande et aussi forte. C’était aussi la première fois que je travaillais aussi intensement sur ma spiritualité, sur ce en quoi je crois, et ce qui me porte dans le quotidien.

Je n’avais jamais autant médité de ma vie, et j’ai du accepter la douleur de la posture assise, pour enfin m’habituer et ne plus ressentir (trop) d’inconfort. Les fourmis ont fini par quitter mes jambes à la fin du training, me laissant compter mes respiration jusqu’a 100 sans perdre ma concentration et le calme que j’avais réussi à créer dans mon esprit.

En revanche, méditer et me centrer sur ma spiritualité a beaucoup agité mes nuits. Rêves, cauchemars, sensations de « déjà-vu », pendant un mois, j’avais vraiment l’impression d’avoir ouvert un canal et de « voir » d’une autre manière. Je sais que les rêves sont une manière pour le cerveau de digérer les informations de la journée, moi j’avais l’impression d’apprendre même la nuit ahah.

J’ai eu l’impression de beaucoup améliorer les performances de ma mémoire aussi. Nous avions beaucoup à lire et à retenir et j’avais l’impression que la méditation matinale était nécessaire au fonctionnement optimal de mon cerveau.

Leçon 3 : La discipline tu trouveras.

Je sais qu’on dit souvent au Yoga qu’il ne faut pas forcer, qu’il faut respecter son corps, et c’est d’ailleurs ce que je dis à mes éléves aujourd’hui.

Mais en teacher training, il faut apprendre a trouver le juste milieu entre « vraiment forcer » et « se discipliner ».

Oui, il va falloir se forcer à mettre le réveil à 6h du matin pour aller méditer une heure puis pratiquer 2h30. Oui le corps va être douloureux, oui il va falloir se pousser un peu dans certaines postures pour progresser.

Mais attention, il faudra aussi reconnaitre sa limite personnelle, et s’arrêter avant de céder. « I bend so I don’t break », c’est un mantra que j’ai appris par l’expérience durant mon training et dont je me souviendrais toujours.

Leçon 4 : Des chamanes tu apprendras.

A Tulum, et au Mexique en général, le chamane fait parti de la vie quotidienne. Il soigne les maux du corps et de l’esprit.

Durant mon training j’ai vu deux chamanes différents. L’un m’a manipulé physiquement à un moment du training ou ma hanche gauche était douloureuse.

L’autre chamane a dirigé la cérémonie Temazcal à laquelle nous avons participé. Il nous a aidé à passer les quatre « puertas » du Temazcal, à travers la chaleur, la sueur et les larmes. Tout au fond du ventre de la Terre, nous avons laissé douleurs et peines, blessures et passé. Je ne raconterais pas la cérémonie Temazcal ici parce que je crois que ça n’a pas sa place et que c’est une expérience beaucoup trop grande à vivre et à ressentir, qu’elle ne peut être exprimée avec des mots.

C’est une expérience qui est arrivée à la fin du training et qui m’a donné la sensation physique de « passer de l’autre coté », de finir la transformation que j’avais amorcée il y a un an.

Leçon 5 : Reconnais, puis accepte tes limites.
Enfin, prends le temps qu’il faut pour les dépasser un jour…

De façon général, suivre un training aussi intense physiquement et spirituellement vous poussera dans vos retranchements, vous fera remettre en questions vos croyances, qui vous êtes, et ce que vous cherchez. Vous atteindrez vos limites physiques mais pas seulement.

Lors de la cérémonie de cloture du training, on nous a demandé de mettre une intention pour l’avenir, ou de dire ce qu’on retenait de ce training.

Je n’ai pu exprimer qu’un souhait pour l’avenir, parce que je n’étais pas capable de dire tout ce que j’avais appris durant ce training, d’ailleurs je suis certainement encore entrain de digérer certaines choses…

J’ai souhaité continuer de grandir en tant que bébé professeure de yoga.

C’est un souhait large, qui comprend de grandir physiquement, mais aussi mentalement, et spirituellement. D’acroître mon savoir, et mon expérience. Et ça sous-entends certainement plein d’autres choses que je n’ai pas encore réalisés.

J’ai flirté avec mes limites durant le training. Je les reconnais, je sais quand je dois m’arrêter, dire non, renoncer. Je sais aussi que les limites ne sont pas des choses définitives. Les lignes peuvent bouger. Je vais prendre le temps maintenant de faire bouger les lignes, et d’aller explorer un peu plus loin.

Je ne crois pas qu’on peut oublier une expérience aussi marquante dans sa vie. Je me souviendrais toujours du jour après le temazcal. L’odeur du copal collée à mes cheveux, la peau salée, les pieds couverts de sable blanc, les muscles éprouvés, les yeux émerveillés par la beauté de la nature. Non je crois qu’on ne peut pas oublier ça.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

%d blogueurs aiment cette page :